La chronique des bridegerton
Saison 4, la saison de trop!
Toutes les photos : © Netflix 2026
Un scénario étiré jusqu'au ridicule
Lorsque le destin réunit Benedict et Sophie, le « jeune » homme est tiraillé entre son affection pour cette servante étonnante et le fantasme de l’ingénue vêtue d’argent, ignorant qu’il s’agit de la même personne. Son incapacité à les reconnaître comme une seule et même femme anéantira-t-elle l’étincelle indéniable qui se produit entre Sophie et lui ? L’amour peut-il vraiment triompher de tout, y compris des préjugés de classe, surtout au XVIIIème siècle ?
Le parcours de Benedict est inspiré par les mariages de ses frères et sœurs, notamment celui de Francesca (Hannah Dodd) avec John Stirling (Victor Alli) et celui de Colin (Luke Newton) avec Pénélope (Nicola Coughlan), qui doit relever de nouveaux défis en tant que chroniqueuse mondaine désormais publique.
Encouragés par le succès international de la série, la saison 4 nous sert de platitudes histoires, plus ennuyeuses que créatives et s’embourbe dans le grotesque. Pour faire passer la nullité du scénario piochant honteusement dans le conte de Cendrillon, ils saupoudrent le tout de sexe, vendeur comme chacun sait… Mais qui peut sérieusement croire que Benedict Bridgerton (Hughes Thompson,) sexy débauché et bisexuel, s’éprenne d’une domestique, réplique de Cendrillon, flanquée d’une marâtre et de ses deux méchantes filles ? La belle ici ne perd pas une chaussure de vair mais un gant ! La crédulité a des limites. Les scénaristes étirent jusqu’au ridicule l’histoire, semant au fil des épisodes, des scènes sexuelles dignes des films érotiques des années 70. À l’époque où les jeunes s’abreuvent de pornographie sur Internet, on se demande ce qui peut les émoustiller dans ces ébats cinématographiques.
Un mauvais pastiche de Cendrillon
Les décors et les costumes, sommets excessifs du kitsch, font que l’on se croirait dans la vitrine de Ladurée, entourés de Macaron pastel ou acidulés. On frôle l’hypoglycémie. La recherche d’une certaine Lady Whistledown, échotière, sorte de Louella Parsons avant l’heure, qui dégoise anonymement sur les travers de cette micro société chaque semaine, continue. Elle s’avère être Penelope Featherington (Nicola Coughlan) devenue par mariage en épousant le jeune Colin, un des membres de la tribu Bridgerton. Lequel lui fait découvrir le plaisir charnel.
Le célibataire (gay) le plus sexy de la planète Hollywood, élu par le magazine People, est Jonathan Bailey dit Anthony Bridgerton dans la série et totalement absent de cette saison. Il devait être en train de tourner Wicked. Ajoutons qu’il est aussi remarquable dans l’excellente série Fellow Travelers sur Canal plus.
On l’aura compris, une série dépassant les deux ou trois saisons peut devenir indigeste surtout, si elle est enrobée d’illogismes, à fuir donc !
Christian CHARRAT
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