L'homme qui a vu (bouzard)
presque journal d'un tournage
Une scène inénarrable avec des chèvres
En cette période anxiogène à tous les niveaux et dans tous les pays, on ne peut résister à un fou rire garanti. C’est ce que nous offre (et c’est un vrai cadeau), Guillaume Bouzard avec son dernier album de bande dessinée au titre interminable : L’homme qui a vu l’homme qui filme l’homme qui tire plus vite que son ombre (à savoir, Lucky Luke.)
Pour qui n’a jamais été sur un plateau de tournage, il ne peut se douter que le cinéma est surtout une question de patience. On passe son temps à attendre que tout soit en place avant de tourner la première scène. Sur un tournage à l’extérieur, il faut surtout et en priorité : tenir compte de la météo, attendre que les techniciens déchargent et mettent en place tout le matériel, puis il faut régler les lumières, installer la caméra au bon endroit pour la première scène. Pendant ce temps les acteurs sont au maquillage et une fois prêts, on va les chercher suivant le planning de la journée. Il est recommandé de prendre un livre ou un journal pour meubler le temps d’attente. D’autant plus si certaines scènes comportent la présence d’animaux qui sont, comme chacun sait, imprévisibles. Le réalisateur Alfred Hitchcock, déclarait détester tourner avec des enfants ou des animaux, et pour cause.
L’auteur narre le tournage d’une scène inénarrable avec des chèvres, scène qui nous tire des larmes de rire. Sa relation avec le chien Rantanplan (qui parle) et qui se sent tout comme l’auteur, pas indispensable du tout sur ce tournage, est là encore drolatique. Tout comme la présence de l’auteur (naïf) qui n’a pas compris que dès que l’on entend le mot « Silence, on tourne » il ne faut plus prononcer un mot et surtout, éviter de se trouver dans le champ de la caméra… Toutes ces situations narrées et illustrées par Bouzard qui confesse n’être « jamais le dernier pour la déconne ». Il illustre non seulement son tournage mais aussi la relation avec son éditeur, qu’il garde à une certaine distance. Cahier graphique de grande tenue, dessins et bulles d’écriture sont irrésistibles.
Guillaume Bouzard raconte à sa manière, les coulisses d’un tournage de la série télévisée live consacrée au célèbre personnage de Morris et Goscinny qui sera diffusée en 2026 sur Disney + et France Télévision. Le producteur de la série, Julien Vallespi rend hommage à « la tendresse, l’autodérision et un sens aiguisé de l’observation » de Bouzard, ce personnage bien réel que Goscinny aurait pu inventer…
L’auteur
S’il fréquente les stars de cinéma, Guillaume Bouzard est avant tout une star de la BD. Il est né en 1968 à Paris. Collaborateur du Canard enchaîné depuis 2013, il a participé à plusieurs titres de presse (Fluide glacial, Spirou, So Foot, Phosphore, Libération et a signé de nombreux albums. Il a reçu le prix Jacques Lob au Festival de Blois, le grand prix du Festival Quai des bulles de Saint-Malo et le prix Schlingo au Festival d’Angoulême.
Cet album devrait être pris en charge par la Sécurité Social, tant il fait du bien au moral.
C.C
L’homme qui a vu l’homme qui filme l’homme qui tire plus vite que son ombre – (presque journal d’un tournage) de Guillaume Bouzard – 80 pages -17,50 € – Éditions Dargaud – dargaud.fr





