maison & objet - janvier 2026

Designers et secrets de création

                     Photo ci-dessus : Fauteuil AA de Airborne, revisité par Marianna Ladrey © Gabriela Larrea

Une nouvelle génération de designers

Photo ci-dessus :  Céramiques de la designer © Danuta Krill

Comment créer aujourd’hui, conjuguer héritage et innovation, réinventer les savoir-faire artisanaux sans tomber dans l’écueil de la nostalgie ? Le salon professionnel Maison & Objet (1) a abordé ce sujet lors de plusieurs tables rondes, des « talks », lors de sa dernière édition, du 15 au 19 janvier 2026 à Paris.

Une nouvelle génération de designers réinvente ses pratiques, transformant la mémoire des gestes en moteur créatif. Plusieurs sont venus exposer leur trajectoire singulière. Montrant que les talents artisanaux sont un levier inspirant et démultiplicateur de créativité contemporaine. Mais pour tous, au départ, il y a une base incontournable : la matière, elle-même.

Des bouées en plastique usagées. Marianna Ladreyt, artiste et designer française qui a débuté dans la mode, a trouvé sa voie dans l’upcycling. Elle récupère depuis 2021, des bouées d’enfants en plastique, « car c’est une matière qui ne se recycle pas ». Elle la retravaille pour en faire un support nouveau, employé pour la création d’accessoires, voire de mobilier coloré et « positif », elle y tient. La société Airbone commercialise son mythique fauteuil AA avec la version étonnante et attirante de la designer.

Des centaines de vis. L’atelier Craft, studio de design et d’architecture basé à Aubervilliers, collabore pour l’évènementiel, un secteur gourmand en éléments jetables. « Nous essayons de faire du mobilier qui dure, et qui peut être réutilisé de projet en projet », soulignent Minh Ta et Roman Szymczak, ses cofondateurs. A l’image de cette chaise gourmande en vis, donc plus chère, mais réparable et qui, une fois son coût amorti, pourrait être revendue à des étudiants.

L’osier et le papier. À Beyrouth, la société Mariagroup de l’architecte Michèle Maria Chaya travaille des matériaux peu nobles comme l’osier et le papier, pour du mobilier ou des luminaires.

« Il faut voir comment on peut sublimer la matière, en posant un regard frais dans le dialogue avec les artisans » indique-t-elle. Exemple éblouissant avec le bar japonais londonien Mayha. « Nous collaborons avec des artisans. Chacun apporte son souffle. Cela donne quelque chose d’unique, fait à la main, qui a ses défauts, son charme, une identité, du vécu. Nous leur donnons la liberté de nous guider dans la technicité et la manipulation tout en restant dans la voie proposée par notre projet » précise -t-elle encore.

La céramique fumée noire. La designer Danuta Krill, née à Lviv (Ukraine), a opté pour une démarche similaire d’attention portée à la matière, tout en restant, elle, plus directive avec ses potiers. Elle a remis au goût du jour la technique ancienne de la céramique fumée noire en vogue dans les Carpates ukrainiennes et disparue pendant l’époque soviétique. Elle donne à ses pièces utilitaires (bougeoirs, pots, marmites…) des formes minimalistes et épurées, destinées à rester hors mode.

Isabelle BRIONE

Maison & Objetrendez-vous international associant la décoration et l’ameublement, depuis trois décennies avec 2300 marques exposées dont 500 nouvelles – maison-objet.com/fr

 Photo ci-dessus : Fauteuil AA de Airborne de la designer Marianna Ladrey © Maxime Lis

Photo ci-dessus :  Marianna Ladrey © Rodéo

 Photo ci-dessus : Anna Volkova, In the name of the marquise, 2025 © Anne Wohigemuth

 Photo ci-dessus : Berta Fischer, Derilinox, Bernier / Eliades Gallery © gilles Vaille