Mr Gwyn d'alessandro Barrico
un récit onirique et poétique
Un livre en italien et français
Les Éditions Folio ont l’originalité d’éditer des livres en deux langues. On se souvient du livre de Scott Fitzgerald, La Fêlure, qui était en anglais et français. Elles récidivent avec Mr Gwyn d’Alessandro Barrico en italien et français. C’est assez déroutant car on a l’habitude de tourner la tête pour poursuivre sa lecture.
Une décision radicale
Une fois enregistré que la page de gauche est en italien, on prend plaisir à ce récit limite surréaliste, d’un auteur à succès Jasper Gwyn qui au sommet de sa carrière, publie dans The Guardian un article dans lequel il dresse la liste des cinquante-deux choses qu’il ne fera plus, la dernière étant : écrire un roman au grand désespoir de son agent…Il veut se consacrer aux portraits, non pas qu’il souhaite abandonner sa plume au profit du pinceau. Non, il veut faire le portrait écrit d’une personne non à la façon d’un peintre, mais des portraits écrits qui ne soient pas de banales descriptions.
Dans ce but, il cherche un atelier, soigne l’éclairage, l’ambiance sonore et le décor, puis il se met en quête de modèles. Particularité, il observe mais il ne parle pas ou juste la fin du portrait et autre bizarrerie, les modèles hommes ou femmes doivent être nus…
Première tentative, premier portrait
Il doit cependant se faire la main avec une jeune femme qu’il paiera et à la fin de l’exercice, il lui remet son portrait très joliment présenté. Ce n’est pas un voyeur, il semble totalement détaché de toute sexualité qu’elle soit hétérosexuel ou homosexuelle ? Peu à peu sa réputation grandit et il voit défiler dans son studio des personnages aisés en tous genres, car un portrait coûte cher. Et à chaque fois, suivant son inspiration, il arrive à fendre l’armure de ses clients au plus près, alors qu’il échange peu avec eux.
Toutefois, l’intérêt de ce récit insolite est de découvrir dans quel but, il entame cette démarche. On ne sait que penser de ce qui le motive vraiment ? Et c’est dans les dernières pages que Alessandro Baricco, nous fournit l’explication surprenante.
On ne peut s’empêcher de penser à Boris Vian, ce qui est un véritable hommage rendu à l’auteur italien.
Christian CHARRAT
Mr Gwyn – de Alessandro Baricco – Éditions Folio – 352 pages – 11,20 € – folio-lesite.fr