MUSÉE DES BEAUX-ARTS DE LYON
LES FALAISES D'ÉTRETAT AU MUSÉE DES BEAUX-ARTS -LYON
Photo ci-dessus : Claude Monet, Le Déjeuner, 1868-1869 – Huile sur toile, 231,5 x 151,5 cm. Francfort, Städel Museum – Image © Städel Museum, Frankfurt am Main
Une exceptionnelle exposition
Vous voulez découvrir les falaises d’Étretat autrement ? Direction le musée des Beaux-Arts à Lyon. Il consacre jusqu’au 1er mars 2026, une exceptionnelle exposition à ce site aujourd’hui fragilisé par le changement climatique et la sur-fréquentation touristique.
Etretat … à Lyon mais quelle idée ! Le musée lyonnais sait toujours faire preuve d’audace dans le choix de ses thématiques. Cette fois-ci, il est parti de la présence dans ses collections de deux tableaux majeurs réalisés dans ce village normand : une « Vague » de Gustave Courbet (1869) et « Etretat, mer agitée » de Claude Monet (1883). Puis il a déroulé le fil. Bonne pioche !
150 œuvres et documents
Ce paysage crayeux a été découvert et popularisé, au XIXe siècle, par des peintres, des photographes et des écrivains. Ils offrent ainsi aux commissaires de l’exposition (Stéphane Paccoud et Isolde Pludermarcher pour l’étape lyonnaise) toutes les facettes de ces falaises, immortalisées par Eugène Isabey, Eugène le Poittevin, Delacroix, Matisse, Vallotton, Braque, Victor Hugo et bien d’autres, au fil de 150 œuvres et documents. Belle coïncidence : le Stadel museum de Francfort-sur-le-Main possède, lui, les « pendants » des deux œuvres conservées à Lyon : co-commissaire, il accueillera l’exposition à son tour, au printemps 2026.
Courbet et Monet
Dans cet ensemble extraordinaire, il faut revenir au point de départ, avec Courbet tout d’abord. Dans les années 1869, il connaît des difficultés financières. Le succès des paysages de mer et l’engouement pour Etretat lui assure de pouvoir vendre facilement sa production. Il s’installe dans l’ancien atelier d’Eugène le Poittevin, face à la plage. En septembre, une violente tempête, observée depuis sa fenêtre, le conduit à réaliser cette « Vague » dont il exécutera de nombreuses variations jusqu’à la fin de sa vie (dont cinq visibles dans le parcours).
Des œuvres comme des séries
Puis, Claude Monet, lui aussi contraint par un besoin d’argent, prend la direction du littoral normand, pendant plusieurs automnes et hivers des années 1880, pour éviter la foule des estivants. Il débute ses toiles en plein air, parfois dans des conditions acrobatiques en quête d’un point de vue original. Puis, il les termine dans son atelier (elles sont quelques 80 au total). Guy de Maupassant a décrit son processus créatif : il menait de front plusieurs tableaux en fonction des effets météorologiques et de la lumière. Comme des séries. On peut voir une quinzaine de ces variations, ainsi que « le Déjeuner » (1868). Cette scène d’intérieur est sa réalisation la plus ambitieuse, il souhaitait la présenter au salon parisien. Mais ce n’est pas celle que retiennent les visiteurs, happés par ce somptueux littoral, devenu un mythe visuel.
Isabelle BRIONE
Étretat, par-delà les falaises – jusqu’au 1er mars 2026 au musée des Beaux-Arts de Lyon. Catalogue : 280 pages, 48 euros. Plus d’infos : mba-lyon.fr/fr