Undertaker - Le monde selon OZ
Une épopée digne des grands westerns
Un succès sans précédent
Sister OZ est une représentante de la Ligue pour la suppression du vice et militante contre l’avortement. Sous des dehors d’une apparente candeur, elle est une des adversaires les plus redoutables qu’ait eu à croiser l’Undertaker, le séduisant Jonas Crow (fossoyeur de profession, ancien soldat au lourd passé.) Et pour ceux qui ont suivi les épisodes précédents, dramatiques, rien ne justifie le cynisme et la cruauté des actions de Sister Oz, qu’elle nimbe d’une piété mystique. On ne peut s’empêcher, à travers elle, de penser aux gourous en tous genres qui amènent leurs adeptes à commettre des horreurs (Charles Manson). Tout comme l’Inquisition, qui aux ordres de l’Église, utilisait la torture pour faire condamner des hommes, femmes et même des enfants, au bûcher pour s’être (soi-disant) livré à la sorcellerie.
L’histoire
La redoutable Sister Oz est prête à tout pour empêcher Eleanor d’avorter, comme de tuer le docteur Randolph Prairie, qui s’apprête à pratiquer l’opération. Elle a déjà assassiné froidement le shérif d’Edean. Dans cette petite ville du Texas, sortie ruinée et humiliée de la guerre de Sécession, elle a su jouer sur le ressentiment et l’esprit de vengeance pour rallier la population à son délire funeste. Jonas Crow, qui était venu là pour retrouver sa chère Rose s’est retrouvé malgré lui impliqué dans cette affaire. Mais à présent, il est décidé à tout faire pour défendre la liberté et la tolérance pour que ne triomphe pas une certaine vision du monde : le monde selon Oz.
Bien entendu, dans cet album, comme dans la vraie vie, la foi est un prétexte, un bouclier derrière lequel s’abritent des escrocs, des violeurs ou des assassins… Le contenu violent est atténué par des dessins magnifiques et parfaitement cadrés, que l’on doit à Ralph Meyer. Une mention particulière à la mise en couleur que l’on doit à Caroline Delabie et Ralph Meyer. Cette lutte entre le mal et le bien, est écrite par le scénariste Xavier Dorison qui, dans cette épopée digne des grands westerns de Howard Hawks ou John Ford, fait de Jonas Crow non pas un shérif incorruptible dans le style de John Wayne, mais un fossoyeur. Personnage important de toute ville vu la violence qui règne à l’époque.
Il faut noter que la série Undertaker est un succès commercial avec en 2024, 900 000 exemplaires atteints !
Les auteurs
Xavier Dorison est devenu en vingt cinq ans l’un des plus grands scénaristes de la bande dessinée contemporaine, une légende.
Ralph Meyer est en 1997 révélé au public grâce à Berceuse assassine (scénario de Philippe Tome). Il signe chez Dargaud le volume de XIII Mystery, Asgard (2 tomes) et les 8 tomes de Undertaker.
Caroline Delabie, architecte d’intérieur, apprend la mise en couleurs auprès de Ralph Meyer et travaille avec lui notamment sur IAN,XIII Mystery (tome 1) Seuls, Asgard et bien sûr Undertaker.
Un album certes sombre, mais très réussi sur la folie christique qui s’empare de certain(e)s.
C.C
Undertaker – Tome 8 – Le Monde selon Oz – de Xavier Dorison, Ralph Meyer, Caroline Delabie – Éditions Dargaud – 64 pages – 17,95 €. dargaud.com


