Yves delorme- success story

180 ans d'élégance

                     Photo ci-dessus : Drap, Contes © Yves Delorme

Le linge sert à rêver

Photo ci-dessus :  Peignoir et parure Eze © Yves Delorme

On pourrait presque raconter l’histoire d’Yves Delorme comme un roman français. Il commencerait dans le Nord, en 1845, lorsque Ernestine Fremaux fonde un atelier de tissage de lin. Pas un empire, pas encore une marque : simplement un savoir-faire. À l’époque, le linge de maison n’est pas décoratif. Il est utilitaire, austère, blanc. Mais une intuition presque visionnaire va tout changer : le linge ne sert pas seulement à dormir, il sert à rêver. Ce concept naît véritablement au XXᵉ siècle avec l’association Yves Delorme et Dominique Fremaux, descendant d’Ernestine. Ensemble, ils cofondent la marque Yves Delorme, qui transforme le linge de maison en un véritable objet de désir, mariant élégance française et originalité.

Un état d’esprit

Au fil des générations Fremaux, Paul, René, Francis, la maison résiste aux secousses de l’Histoire. La Première Guerre mondiale détruit le tissage d’origine ; il sera reconstruit. La Seconde Guerre mondiale bouleverse l’industrie ; la famille relance l’activité. La persévérance n’est pas chez eux une stratégie marketing : c’est une culture.

Puis arrive la véritable révolution

Dans les années 1980, alors que le linge de lit reste majoritairement blanc, la Maison ose la couleur. Elle introduit des imprimés saisonniers inspirés de la mode. Fleurs, palettes, rythmes graphiques, le lit devient un territoire esthétique. Aujourd’hui, cela paraît évident. À l’époque, c’est radical. Le linge de maison s’inscrit alors comme un élément de style de vie.

L’audace tranquille

Ce qui frappe dans l’histoire de cette maison, c’est la constance de son audace, douce, jamais provocante. Audace de mettre de la couleur quand le linge est blanc. Audace de dessiner des fleurs quand le minimalisme domine. Audace surtout, et peut-être la plus rare, de maintenir et moderniser des ateliers en France quand tant d’autres délocalisent. La Maison développe ses propres ateliers de confection, crée sa filature, travaille le coton comme le lin avec une précision textile héritée du XIXe siècle et adaptée au XXIe. La technique n’est pas ici une nostalgie : c’est un langage contemporain.

De l’intime au monde

Après une première boutique parisienne en 1979 ; l’expansion internationale commence dès 1983 avec des filiales aux États-Unis et au Royaume-Uni ; suivent des ouvertures à Monaco, puis en Chine, au Japon, en Allemagne. Entre 2000 et 2015, la marque passe de 45 à 450 boutiques dans le monde. Entrer au Comité Colbert en 2001 – cercle des grandes maisons de luxe – n’est finalement qu’une formalité : Yves Delorme incarne déjà cette alliance entre artisanat, patrimoine et modernité, synonyme d’art de vivre à la française.

Une histoire de famille

En 2019, après Dominique, c’est au tour d’Amaury et d’Alban Fremaux, sixième génération, de prendre la direction du groupe. La transmission n’a pas seulement fait perdurer une marque, elle lui a conservé une vision. Car chez Yves Delorme, on ne parle pas uniquement de produits. On parle de gestes ; du tombé d’un satin lavé ; du bruit presque imperceptible d’une housse que l’on replie ; de douceur, de qualité, de couleurs …d’esthétique et d’innovations.

Les nuits françaises

Depuis 2020, le groupe Fremaux-Delorme affirme une conception plus consciente du luxe en installant son siège dans un campus écoresponsable à Wasquehal, près de Lille. En 2021, il généralise l’utilisation de coton issu de l’agriculture biologique et élimine progressivement le plastique de ses emballages : une écologie discrète, cohérente avec un luxe qui privilégie la durée à l’effet.

En 2023, un nouvel atelier ouvre à Nieppe. Quatre-vingt-cinq artisans y travaillent désormais, et surtout – détail révélateur – une école de formation y voit le jour…La transmission reste une stratégie autant qu’une conviction.

La nouvelle génération Fremaux imagine le présent avec une ligne de coussins, de plaids, de peignoirs, d’accessoires ; mais aussi avec une première collection de literie qui va du linge de maison bien sûr, en passant par le matelas et la couette, car seul un équipement complet garantit un sommeil réparateur. Quant à l’avenir, il se fera peut-être avec un linge capable d’accompagner le sommeil comme un soin, sensible au corps, presque vivant ; avec des étoffes qui diffuseront des senteurs, moduleront la lumière, épouseront les émotions…Quoiqu’il en soit, la technologie cohabitera toujours avec une finition main, suppléments d’âme et de qualité qui font la signature de cette belle Maison.

Le vrai luxe

Si la mode impose le rythme, le linge impose la durée. C’est là que réside la singularité d’Yves Delorme : créer du désir pour un objet pensé pour vivre longtemps.

Le vrai luxe ici n’est pas ce que l’on montre, c’est ce que l’on ressent chez soi – le moment où la journée s’arrête, où la maison se tait, et où l’on entre dans la partie la plus personnelle du luxe : le confort et le plaisir du beau. 

Sylvie DI MEO

Yves Delorme  – yvesdelorme.com

 Photo ci-dessus : Parure Contes © Yves Delorme

Photo ci-dessus :  Parure Eze © Yves Delorme

 Photo ci-dessus : Parure Orchidée © Yves Delorme

 Photo ci-dessus : Parure Eze © Yves Delorme