HBO diffuse une mini-série, produite par la BBC, choquante et inspirée d’une histoire vraie : la chronique du divorce du Duc et de la Duchesse d’Argyll, l’une des affaires judiciaires les plus notoires du XXème siècle. Célèbre pour son charisme, sa beauté et son style, Margaret, duchesse d’Argyll, a fait la une des journaux lors d’un divorce marqué par des accusations de falsification, de vol, de violence, de consommation de drogue, d’enregistrement secret, de corruption et d’une photo polaroid explicite, le tout sous le feu des projecteurs des médias britanniques des années 1960.
La scénariste Sarah Phelps, nous narre l’histoire (sordide) de ce couple d’aristocrates Le duc et la duchesse d’Argyl, remarquablement interprétés à l’écran par Claire Foy et Paul Bettany. Le public, et pas que les Britanniques, est friand de scandales, surtout à connotation sexuelle.
Margaret Whigham est née le 1er décembre 1912 en Écosse. Elle est l’enfant unique d’Helen Mann Hanay et de George Hay Whigham, un très riche homme d’affaires écossais. Margaret passe les premières années de sa vie à New York, où elle suit ses études dans la prestigieuse Hewitt School. Durant ses années new-yorkaises, la beauté de la jeune écossaise fait beaucoup parler d’elle. On lui prête des relations entre autres, avec le prince pakistanais Aly Kahn, l’aviateur Glen Kidstor ou encore l’héritier des éditions Max Aitken. En 1928, alors qu’elle est en vacances sur l’île anglaise de Wight, Margaret Whigham, alors âgée de 15 ans, a une relation intime avec le jeune acteur David Niven, de trois ans son aîné. Elle tombe enceinte et déclenche alors la fureur de son père qui l’amène à Londres pour qu’elle se fasse avorter en secret. Le scandale évité et sa réputation sauvée, Margaret est présentée à la Cour de Londres en 1930, lors du Bal des débutantes.
Un mariage glamour mais malheureux
Elle plait aux hommes et épouse en premières noces, un riche américain Charles Sweeny, dont elle aura trois enfants, deux garçons et une fille. Le divorce sera consommé en 1947. Puis c’est au tour de Ian Douglas Campbell, 11e duc d’Argyl, qui connaît de graves difficultés financières et est marié au moment de leur rencontre. Elle est déjà une figure de la haute société, s’affichant régulièrement dans les rubriques mondaines. Tout comme Babe Paley aux USA, elle est considérée comme l’une des dix femmes les mieux habillées du monde.
Seulement, derrière les photos glamour, la vie est nettement moins rose. Son mari est alcoolique, drogué aux amphétamines, violent. On peut le définir comme pervers narcissique. Il ne l’a épousé visiblement que pour sa fortune. Elle le soutient dans sa recherche d’une épave coulée dans une partie de leur immense propriété et surtout, finance les travaux de rénovation de son château qui tombait en ruine…
Des photos compromettantes sur Polaroïd
Le duc, tout en « élégance » et lors de l’absence de sa femme, fouille dans ses affaires et trouve des lettres d’amour, son journal intime et surtout, des photos Polaroïd de sa femme nue dont une pratiquant une fellation sur un homme dont on ne voit pas le visage. Il les diffuse auprès d’une presse déchaînée…Les suppositions les plus farfelues vont bon train. On parle du ministre de la Défense, le baron Duncan Sandys, car seuls les services de la défense utilisaient à l’époque le Polaroïd ; ou encore de l’acteur Douglas Fairbank dont l’écriture, au dos du Polaroïd, ressemble à la sienne. Le juge va jusqu’à demander l’analyse des poils pubiens de l’homme sur la photo et ceux du duc. Toute la haute société anglaise et écossaise est ébranlée. Tout ceci sera diffusé lors d’un procès retentissant. N’oublions pas que nous sommes en 1960, le scandale est énorme. De son côté, l’ex-duchesse n’a jamais révélé qui était l’heureux élu sur la photo.
Aujourd’hui et avec le recul, on réalise que la société patriarcale britannique, n’a pas pris en compte la situation maritale de cette femme. Certes, elle aimait le sexe mais la personnalité manipulatrice de son escroc d’époux la pousse dans les bras d’un autre. Leur relation est toxique et sordide au plus haut point. Elle aurait dû avoir droit à des « circonstances atténuantes. » Elle écrivit ses mémoires Forget Not (N’oublions pas,) mais jamais, elle ne révéla l’identité de l’homme nu sur cette fameuse photo.
Le tribunal n’a même pas pris en compte le fait que son mari avait violé son intimité en dérobant ses affaires et en les vendant (peut-être) au plus offrant. L’homme avait tous les droits et la femme n’avait que peu de place, même riche, dans ces années-là. On ne peut pas dévoiler la fin sans « spoiler » la série qui est absolument passionnante. Ne manquez pas de voir les vraies photos du couple lors du générique de fin, c’est intéressant !
A Very British Scandal – de Sarah Phelps avec Claire Foy et Paul Bettany – 3 épisodes – HBO – hbomax.com