biennale de l'Art contemporain - lyon - 1
LE MACLYON - "PASSER D'UN RÊVE À L'AUTRE"
TROIS LIEUX MAJEURS
Photo ci-dessus : Birke Gorm – Matthew Harris -Inalienable Possession sit-up (sit-down) 2026 -Ocre bleu (vivianite) et liant acrylique sur toile ; Jute, vieux papiers, ferraille rouillée, chutes de textile, carton, câble, ampoules LED © Musée d’art contemporain – Emmanuelle Firman
Programmée jusqu’au 13 décembre 2026, la 18e Biennale de Lyon, propose de « Passer d’un rêve à l’autre », thème inspiré par les travaux de Robert Filliou, économiste et artiste en recherche d’une « économie poétique ». Sa mission vise donc à « re-situer l’économie dans son environnement ». Les œuvres de 120 artistes originaires de 42 pays se déploient dans onze lieux (1). Zoom sur les trois principaux : ici, le musée d’art contemporain, les Grandes Locos, et le musée des Tissus et des Arts Décoratifs dans les volets suivants.
1- Le macLyon
Point de départ avec le musée d’art contemporain, le macLyon, proche du parc de la Tête d’or (Lyon 6e) qui s’intéresse à « ce qui est hérité et ce qui est du » selon le propos de la commissaire, Catherine Nicols. Cette Australienne, qui vit à Berlin, présente là de nombreux artistes d’Océanie. Cette déambulation qui se déroule sur trois étages, se distingue par la beauté de certaines œuvres (ce qui n’est pas toujours le cas en matière d’art contemporain). Exemples.
Maureen Lander. 84 ans, artiste māorie de Nouvelle Zélande, a développé une œuvre en tressage, avec des matériaux tels que le harakeke (lin local), symbole des liens qui unissent chacun avec son environnement et au-delà.
Tressages et rectangles bleu
Dans une installation vidéo magnétique, Ngahina Hohaia, artiste māorie, elle aussi, se concentre sur les eaux qui s’écoulent du Taranaki, montagne ancestrale. Ce lieu, majeur pour les tribus, permet de « donner une voix à ses ancêtres et à ses petits enfants », et de montrer que « même opprimé, le peuple continuera de resurgir à la surface ».
Matthew Harris de Melbourne a peint 39 000 petits rectangles bleus sur une série de dix toiles de coton pour dénoncer le vol de la culture des premiers peuples d’Australie. Tandis que le Néo-Zélandais Luke Willis Thompson questionne l’héritage de la colonisation à travers trois courts métrages de fiction.
Une des particularités de la biennale lyonnaise est de s’ancrer dans son territoire avec des œuvres créées sur place mais aussi de se référer à son histoire. C’est le cas de l’Indienne Archana Hande, artiste chercheuse anthropologue, qui traduit dans son travail artistique les difficultés des artisans textiles face aux évolutions technologiques. A voir l’éblouissante mise en scène consacrée aux cartes perforées de métier à tisser Jacquard.
Hiboux et momies
Certains artistes n’ont pas été insensibles aux collections du musée des Confluences. Une belle concentration de hiboux accueille les visiteurs considérés dans de nombreuses cultures comme les messagers entre le monde des vivants et des morts. Tandis que la berlinoise Barbara Breitenfellner a choisi de faire dialoguer ses collages avec les momies égyptiennes de chats, en provenance elles aussi du musée des Confluences. Un lieu, c’est à signaler, partenaire de la Biennale, dans le hall duquel on peut découvrir -gratuitement- l’œuvre de la sénégalaise Monira Al Qadiri : « Benzene Float ». Deux séduisantes sculptures gonflables monumentales … dont la matière est issue de l’industrie pétrolière. Partout, la beauté peut avoir une part sombre.
Isabelle BRIONE
– Dont sept sont en accès libre dont le musée des Confluences, le jardin du musée des Beaux -arts et la fondation Bullukian. Liste sur https://www.labiennaledelyon.com
Biennale de Lyon – jusqu’au 13 décembre 2026 – Musée d’art contemporain – 81 quai Charles de Gaulle 69006 Lyon -Pass plein tarif : 25 euros. Catalogue 18 euros.