biennale de l'Art contemporain - lyon - 2
LEs grandes locos
"PASSER D'UN RêVE À L'AUTRE"
TROIS LIEUX MAJEURS
Photo ci-dessus : Laure Prouvost « Hovering Caresse Amère » 2020-2026 © Isabelle Brione
Programmée jusqu’au 13 décembre 2026, la 18e Biennale de Lyon, propose de « Passer d’un rêve à l’autre », thème inspiré par les travaux de Robert Filliou, économiste et artiste en recherche d’une « économie poétique ». Sa mission vise donc à «re-situer l’économie dans son environnement ». Les œuvres de 120 artistes originaires de 42 pays se déploient dans onze lieux (1). Zoom sur les trois principaux : le musée d’art contemporain, les Grandes Locos, et le musée des Tissus et des Arts Décoratifs.
Cette année, la programmation de la Biennale a été resserrée dans les Grandes locos (friche d’anciens ateliers SNCF) à la Mulatière, avec un seul hall ouvert (ce qui offre une possibilité de chauffage).
Cette section aborde le registre industriel avec les systèmes de production et de circulation. Des déchets et de récupération, il y en a d’entrée avec la baleine géante de Laure Prouvost : chacune de ses respirations dévoile les débris logés dans son estomac.
Jardin industriel et rivière d’argent
Juste après, Selma Selman (Bosnie Herzégovine) s’inspire des pratiques rom de réemploi des matériaux pour transformer des grappins en acier en « Flowers of Life » d’un jardin industriel. Tandis que l’Australienne Serewah Attafua entoure sa vidéo d’un large cadre doré composé de rebus technologiques (collectés à Lyon). Une ornementation qui cherche à évoquer les traditions picturales des musées, tels Le Louvre.
On s’arrête volontiers devant le Rio de la Plata de Miguel Rothschild, un estuaire situé entre l’Argentine et l’Uruguay. Rivière d’argent, il rappelait une légende coloniale de richesses cachées lors de la conquête espagnole. Mais des siècles plus tard, il accueillit dans ses eaux les personnes précipitées depuis des avions par la dictature militaire. De la beauté à la violence, une coexistence que l’artiste argentin, sexagénaire, présente « non comme une exception mais une condition du monde ».
Voile et voilà
Comme un écho, de loin, on dirait un séduisant serpent ondulant en spirale. De près, ce sont des longueurs de tissus destinées à la confection de hijab pendues sur des cintres. L’indonésienne Candrani Yulis veut « Parier au-delà de la ligne de la foi » avec cette installation monumentale.
Curiosité juste à côté, avec les deux imposants rideaux orange vif de la Néo zélandaise, Sriwhana Spong, une œuvre nommée « Voile-voilà ». En soie, elle a été teintée avec du Fanta produit aux États-Unis. Derrière l’éclatant, une facette plus sombre.
Au bureau
Avant de regagner son (vrai) bureau, le visiteur traverse celui de la néerlandaise Mette Sterre, une ruche bourdonnante peuplée de créatures qui dérivent entre photocopieuses et piles de papier. Avec des chaises à roulettes sur lesquelles il peut s’asseoir. Elles font référence aux courses de chaises de bureau dont le premier championnat allemand est né en 2008 (mais oui). Cette apparition coïncide avec la crise financière mondiale et le bouleversement plus large de la vie au bureau.
– Dont sept sont en accès libre dont le musée des Confluences, le jardin du musée des Beaux-arts et la fondation Bullukian. Liste sur labiennaledelyon.com
Isabelle BRIONE
Biennale de l’Art Contemporain de Lyon – jusqu’au 13 décembre 2026 -Les Grandes Locos – 10 rue Gabrièle Péri – 69350 La Mulatière – Pass plein tarif : 25 euros. Catalogue 18 euros.