biennale de l'Art contemporain - lyon - 3
musée des tissus et des arts décoratifs
"PASSER D'UN RêVE À L'AUTRE"
TROIS LIEUX MAJEURS
Photo ci-dessus : Mercedes Azpilicueta – Détail de CaccHho CucchhA 2025. © Isabelle Brione
Programmée jusqu’au 13 décembre 2026, la 18e Biennale de Lyon, propose de « Passer d’un rêve à l’autre », thème inspiré par les travaux de Robert Filliou, économiste et artiste en recherche d’une « économie poétique. Sa mission vise donc à « re-situer l’économie dans son environnement ». Les œuvres de 120 artistes originaires de 42 pays se déploient dans onze lieux (1). Zoom sur les trois principaux : après le musée d’art contemporain et les Grandes Locos, voici le musée des Tissus et des Arts Décoratifs.
Le musée des Tissus et des Arts Décoratifs.
Pour chacune de ses éditions, la Biennale investit de nouveaux lieux. Cette fois, elle pousse la porte de cet hôtel particulier, en attente de rénovation, inaccessible depuis 2021. Catherine Nicols, la commissaire, a été charmée par cet hôtel particulier. Il incarne la partie « commerce, textile et circulation » de la thématique « Passer d’un rêve à l’autre », … comme on transite d’une traboule à l’autre. Et, il est aussi nimbé de mystère en raison de sa fermeture prolongée. Voici nos coups de cœur dans un parcours qui compte une trentaine de haltes.
Tapisseries et carton brûlé
Dans l’ancienne boutique du musée, l’argentine Mercedes Azpilicueta (46 ans) accueille volontiers les enfants de 4 à 12 ans et « envisage le jeu comme invention, désobéissance et création de collectif ». Son œuvre, qui met face à face deux hautes tapisseries (tissées au métier Jacquard), puise dans un mythe médiéval, celui de la bernache (une oie du Canada). Son idée est aussi de revisiter les récits historiques et contemporains dans une perspective décoloniale et féministe.
Il revient au togolais Kokou Ferdinand Makouvia (37 ans), artiste installé en France, d’investir l’immense salle des tapis. Il livre une œuvre collaborative avec des murs recouverts de carton de récupération brûlé, recouvert de blanc qui dessine comme un nouvel atlas. Ailleurs, des formes flottantes évoquent des corps tandis que des colonnes s’élèvent comme des repères dans un paysage. Ses constructions explorent la manière dont le corps entre en relation avec la matière à travers le contact et la transformation.
Jardin, IA et hamacs
Il y a toujours un ancrage local dans la biennale lyonnaise, Il se traduit ici avec l’installation multi écrans « Jardins partagés » de Léa Collet (37 ans). Ses points de départ sont le jardin Rosa Mir, situé à la Croix Rousse. Il a été aménagé par un artisan et anarchiste espagnol qui avait fui l’Espagne pendant la guerre civile. A celui-ci, s’ajoutent les archives d’un collectionneur de succulentes et de cactus de Monaco. L’artiste lyonnaise a travaillé avec des enfants et des habitants pour les amener à élaborer un nouvel imaginaire végétal avec l’aide de l’intelligence artificielle.
Avant de partir, le visiteur peut se glisser dans les hamacs/cocons de l’arménienne Lucia Kagramanyan et se laisser emporter par les berceuses traditionnelles conservées dans les mémoires. Un beau point final dans l’ancienne entrée du musée.
– Dont sept sont en accès libre dont le musée des Confluences, le jardin du musée des Beaux-arts et la fondation Bullukian. Liste sur labiennaledelyon.com
Isabelle BRIONE
Biennale de l’Art Contemporain de Lyon – jusqu’au 13 décembre 2026 – Musée des tissus et des arts décoratifs, 34 rue de la Charité 69002 Lyon – Pass plein tarif : 25 euros. Catalogue 18 euros.