hommage à cesarià Évora

la diva aux pieds nus renait pour une soirée

DES CHANSONS OMNIPRÉSENTES

Photo ci-dessus : Le public transporté © Juilette Valero

Cesària Évora, celle que l’on surnommait La diva aux pieds nus, s’est fait connaître tardivement, elle a 50 ans quand le public français est le premier à lui tendre les bras au début des années 90.  Le succès est au rendez-vous et l’Europe et l’Amérique succombent à la morna, genre mélancolique et chaloupé typiquement capverdien et aussi, elle impose sa version rapide la coladeira avec un succès Bia Lulucha. Elle devient l’ambassadrice du Cap-Vert incontestée avec sa voix grave et douce en même temps.  Elle meurt le 17 décembre à l’âge de 70 ans à Sao Vicente, ville dont elle célébrait le Carnaval dans une chanson. Le gouvernement décide alors, de trois jours de deuil national, c’est dire l’importance de cette femme.

Le duo efficace à la tête des Nuits de Fourvière (Emmanuelle Durand et Vincent Anglade) a eu la belle idée de rassembler la formation actuelle du Cesària Évora Orchestra qui accueille Mayra Andrade, Elida Almeida, Ceuzany, Lucibela ou Teófilo Chantre qui sont les meilleurs ambassadeurs des musiques capverdiennes d’aujourd’hui. 

Un concert chargé en émotions

L’amphithéâtre était bondé ce soir-là. Toute la diaspora capverdienne était présente et donnait de la voix au moindre signe des chanteurs ainsi le public reprend le refrain de Besa me mucho. Chaque artiste interprète des classiques de la diva qui chantait en créole capverdien, français et espagnol. Le public fan, reprend aussi Petit Pays, et d’autres chansons à l’unisson. La voix du seul homme, Teófilo Chantre s’impose naturellement, sans aucun effort et pourtant les chanteuses ont toutes une tessiture magnifique entraînant l’assistance dans l’émotion aussi bien que dans la joie.  Que dire du duo efficace de Ceuzany et de Lucibela sur le monument qu’est la chanson très entrainante Angola, exemple parfait de la coladeira. Ceuzany rappe à un moment et déclenche des cris de joie, ce qui préfigure un vol de coussins massif.

La personnalité et la voix de la chanteuse disparue hante les artistes et le public.  Tous rendent un hommage à la chanteuse disparue qui les a réunis ce soir dans un cadre exceptionnel. Sont présents les musiciens qui ont joué avec elle et cela amplifie l’émotion ressentie. Mayra Andrade, toute de blanc vêtu, évoque sa rencontre à l’âge de 12 ans avec son idole à laquelle elle apportait un bouquet de fleurs dans sa loge. La star l’a accueillie avec gentillesse et aujourd’hui quelques années tard, elle a la chance de chanter accompagnée par les musiciens de Cesària, la grande. Tous, à la fin, chanteront ensemble Saudade qui signifie en français nostalgie ou mélancolie.

Un concert hommage très réussi avec ses moments touchants voire transcendants.

Christian CHARRAT

 Les nuits de Fourvière  – jusqu’au 25 juillet 2026 – Plus d’informations sur  nuitsdefourviere.com

Photo ci-dessus : Lucibela et Teófilo Chantre © Juliette Valero

Photo ci-dessus : Teófilo Chantre, Elida Almeida, Ceuzany, Lucibela © Juliette Valero

 Photo ci-dessus : Teófilo Chantre et Ceuzany © Juliette Valero

 Photo ci-dessus : Elida Almeida © Juliette Valero