J'ai toujours rêvé d'être un fermier
Le bonheur est dans le pré
La Beauté de la Nature
Quelle belle histoire que celle de Jean Harambat qui a fait l’acquisition d’une ferme dans le Sud-Ouest, non loin de sa Chalosse natale. Dans cette vieille bâtisse tout est à faire, et Jean Harambat ne manque ni d’idées ni d’enthousiasme. Avec l’aide précieuse de sa famille, notamment celle de son père et de quelques amis, il entreprend de remettre en état le domaine, apprenant à faire les choses « avec lenteur et méthode ». À l’écoute des saisons et de la nature, il entretient prairie et forêt, accueille des chevaux, crée un potager, construit un poulailler… Autant de petites aventures du quotidien qui l’amènent à réfléchir sur l’agriculture, la transmission, le travail manuel, les liens entre l’homme et le paysage.
Voici un album de bande dessinée qui fait du bien et qui apaise. Ici pas de fiction farfelue, pas de violence, pas d’armes, pas de drogue, pas de sexualité débridée. C’est le journal intime d’un dessinateur et auteur qui s’est épris d’une maison et se raconte avec ses dessins et sa poésie. À travers différents chapitres tels que « Commencer par le haut (à savoir la toiture) », « L’homme est responsable du paysage », « Le jardin imparfait » ou encore, « Ce que sait la main », on découvre les beautés de sa région. Il tisse des liens inattendus entre l’histoire de sa famille, son passé et la philosophie, l’histoire antique et le cinéma. Il invite Montaigne, Xenophon, Sempé et même l’acteur Yul Brynner (héros de films tels Les sept mercenaires de John Sturges ou Le roi et moi de Walter Lang). Il invoque Shakespeare ou Jane Austen, Turner ou Homère. Il a compris avec l’aide de son père que faire bien les choses dès le départ est un gain de temps en plus d’une grande satisfaction. Il célèbre aussi l’amitié et son amour pour les animaux : le chat, la fauvette, les chevaux et même le renard qui s’en prend à ses poules. Il accueille des abeilles sur une parcelle de son terrain et décrit avec humour la danse de ces dernières.
L’auteur
Jean Harambat est né en 1976 à Mont de Marsan, il a suivi des études de commerce et de philosophie avant de parcourir le monde, travaillant en Tasmanie, en Argentine, au Libéria. Puis, il rentre vivre dans les Landes où, en autodidacte, il se lance dans le reportage et la bande dessinée. Son premier album Les Invisibles (2008) est primé aux Rendez-vous de l’histoire de Blois. Sa carrière est partagée entre albums intimes, parfois teintés d’autobiographie, et récits débordants d’imagination. Avec J’ai toujours rêvé d’être un fermier, il revient à sa veine personnelle et voyage maintenant… dans son jardin pour notre plus grand plaisir.
Côté couleurs
Son quotidien est très joliment et poétiquement dessiné mais assez modestement, ce qui correspond à la simplicité de son récit et de sa vie quotidienne. Les couleurs se mélangent subtilement en fonction des saisons et des situations. On aime s’attarder sur cet ouvrage, il nous rassure d’une certaine façon, sur ce futur que l’on appréhende tant. Ses compositions abouties nous mettent dans les yeux et le cœur, des couleurs que nous n’avons pas toujours…
C.C
J’ai toujours rêvé d’être un fermier – de Jean Harambat – Éditions Charivari – 112 pages – 23,95 € – dargaud.fr






