Jim Queen et l'hétérose

Un film d'animation gay et fort drôle

                                         Toutes les photos : © The Jokers Films

Un milieu décrit dans sa variété et sans filtre autre que l'humour

Nous sommes en juin et c’est le mois des fiertés LGBTQ+. L’occasion d’attirer l’attention sur une communauté fière de ce qu’elle est après un parcours de luttes au fil des décennies. Le film d’animation, Jim Queen était en sélection officielle au dernier Festival de Cannes, ce qui reste un gage de qualité.

Effectivement, ce film est une petite pépite qui séduit hommes, femmes, jeunes et moins jeunes. Tout d’abord, la production et l’animation sont très graphiques et léchées. Elle est aussi inspirée de la culture des mangas japonais (Studio Bobbypills.) Le scénario co-écrit par Simon Balteaux et Brice Chevilard est vraiment cocasse.

L’histoire 

Jim, icône sexy de la scène gay parisienne, voit sa vie basculer lorsqu’il contracte l’Hétérose, un étrange virus qui transforme les hommes gays… en hétérosexuels ! Il voit alors tout le monde lui tourner le dos à l’exception de son dernier follower (et premier admirateur), Lucien, un jeune homme qui peine à s’assumer. Ensemble, ils partiront en quête d’un mystérieux remède capable de guérir Jim et d’empêcher l’extinction de l’homosexualité…

Un milieu parfaitement illustré sans préjugés

Le milieu gay, qui peut être sectaire ce qui est très paradoxal, est décrit dans sa variété et sans filtre autre que l’humour et tel qu’il est vraiment. Les pratiques sexuelles diverses du milieu sont illustrées mais ne sont ni moquées ni jugées, elles sont surtout destinées à faire rire. Le film est toutefois interdit au moins de 12 ans. Les deux réalisateurs, Marco Nguyen et Nicolas Athane, nous proposent un voyage initiatique dans ce monde à part avec ses stéréotypes et clichés :  les nounours, les twinks, les kiffeurs, les drags, les cuirs, etc.

Les réalisateurs ont une vision fine, politique sur l’homosexualité mais le but ultime est de nous égayer à tout prix et le pari est réussi. La séquence dans le labyrinthe du jardin des Tuileries, le soir, est désopilante. Que dire lorsque le héros, Lucien, fils d’une ministre (visiblement inspirée de la députée Christine Boutin, qui mena un combat violent contre le mariage pour tous,) découvre l’existence de sa prostate qui lui parle avec la voix de Philippe Katerin. C’est inénarrable, tout comme la solution finale pour guérir de l’Hétérose… Il faut citer, pour les voix des personnages, les comédiens : Alex Ramires (Jim), Jérémy Gillet (Lucien)  (Jim), Shirley Souagnon (Nina), tous les trois excellents.

Voilà une œuvre inattendue, survitaminée, décomplexée, joyeuse et contagieuse mais cette fois, sans danger. À ne pas manquer !

Christian CHARRAT

Jim Queen – 1h25 – en salles toutes

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