Le bal des fiertés LGBT+ -Lyon
Un bal en hommage à Noahm M, 19 ans BATTU À MORT CAR GAY...
LE PUBLIC HURLE SA COLÈRE
Photo ci-dessus : Noam Sinseau, inénarrable maître de cérémonie © Juliette L
Le mois de juin est le mois des fiertés LGBT+ partout en France. Pour ceux qui ne le sauraient pas encore, la Gay Pride -aujourd’hui Marche des Fiertés LGBT+- fut créée après les émeutes du seul bar gay, le Stonewall Inn à Greenwich village, New York le 28 juin 1969. Après une énième descente de police brutale, les clients et les habitants du quartier se révoltent et chassent violemment les policiers. Cette révolte donne vie chaque année en juin, à différentes Gay Pride à travers le monde.
Les Nuits de Fourvière aux côtés des gays et lesbiennes
La direction des Nuits de Fourvière avec à sa tête le duo Emmanuelle Durand et Vincent Aglande, a décidé d’afficher son soutien au public LGBT+ de Lyon avec un bal costumé se tenant dans le célèbre amphithéâtre qui peut accueillir 4000 personnes : une révolution pour cette institution qui fête ses 80 ans cette année.
Le public notamment gay et lesbien a répondu présent, et c’est une foule compacte et joyeuse, bien décidée à faire la fête et lâcher prise avec le quotidien qui accueillit le maître de cérémonie Noam Sinseau. Ce dernier, originaire de la Martinique, fait son entrée sous les cris et des applaudissements nourris. Il fait rire le public narrant son arrivée en France, précisant qu’il était victime d’homophobie en Martinique et victime de racisme en France… Sa vitalité et son humour font plaisir en ces temps difficiles.
Un jeune homme de 19 ans battu à mort
On pourrait croire que l’homosexualité a été bien acceptée par la population après le vote pour le mariage pour tous. Or il n’en est rien. Le mardi 2 juin, Noahm M., 19 ans, a été déclaré en état de mort cérébrale, trois jours après la violente agression dont il a été victime à Metz samedi 30 mai au petit matin. D’après le récit de ses proches, il s’apprêtait à rentrer chez lui après une soirée passée en compagnie de quatre amis dans le centre de cette ville de Moselle, lorsque trois individus s’en sont pris à lui, le frappant plusieurs fois à la tête. Pourquoi tant de haine ? Noahm M. se maquille, Noahm est efféminé, cela lui a coûté la vie !
Noam Sinseau demande au public, non pas de faire une minute de silence mais une minute de BRUIT ! Et du bruit, il y en a, tant le public hurle sa colère, c’est assourdissant mais absolument nécessaire !
Peut-on mourir en 2026 pour être qui on est ? Hélas oui, les gays doivent-ils encore raser les murs, se cacher, prétendre, avoir peur, la société n’a visiblement guère évolué au fil des années. Il est vrai que vient des États-Unis -et encouragé par le président Trump- une masculinité toxique qui se propage comme un virus (mortel dans ce cas) dans le monde entier via les réseaux sociaux.
Madame Arthur chasse le chagrin mais pas l’émotion
La troupe du célèbre cabaret parisien Madame Arthur, créé à la fin de la seconde guerre mondiale en 1946, interroge sur la vie de ces artistes à cette époque. On ne peut s’empêcher, au fil de ce concert, de penser à la magnifique chanson de Charles Aznavour : Comme Ils Disent.
Les cinq artistes transformistes de Madame Arthur affublés de pseudonymes amusants, s’emparent de la scène pour une heure trente de parodie chantante fort drôle. La pianiste lesbienne pousse ces dernières à reprendre un hommage chanté à la comédienne Muriel Robin, lesbienne affichée et heureuse en couple.
Chacun à son tour chante une célèbre mélodie revisité par la plume des artistes. Les gays sont connus pour leur sens de l’humour et ils ne s’en privent pas, ils mettent de la couleur dans un quotidien anxiogène. Ainsi la chanson Paname Paname d’Édith Piaf se transforme en Madame Madame. YMCA des Village People se change en Moi J’aime Didier, Visez La Lune d’Amel Bent en… ou encore, ABBA et son célèbre titre Give Me A Man After Midnight, une évidence pour le public déchaîné.
Bien entendu, les LGBT+ ont leurs icônes : Amanda Lear, Dalida, Judy Garland, les chanteuses du groupe ABBA, Gloria Gaynor et l’icône suprême Mylène Farmer, et c’est donc sur une chanson de cette dernière Sans Contrefaçon que tout l’amphithéâtre reprend la chanson en chœur de la star mystérieuse. La troupe quitta, à regret, la scène.
Après un entracte de trente minutes, la fosse de l’amphithéâtre déjà bondée se transforme en dance floor avec aux platines, Barbara Butch, célèbre DJ qui se fait vraiment connaître lors de la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques de Paris 2024. C’est une activiste, féministe et lesbienne ce qui lui valut aussi d’être harcelée… Il est important de constater que si la haine est encore présente dans la société, ce soir-là, c’est la fraternité et la fierté d’être différent qui mènent la danse pour le bonheur de tous.
P.S.: Les Éditions de la Martinière ont publié un beau livre riche d’informations sur Les Nuits de Fourvière et sur lequel nous reviendrons.
Christian CHARRAT
Les nuits de Fourvière – jusqu’au 25 juillet 2026 – Plus d’informations sur nuitsdefourviere.com