massive attack - un groupe iconique

Un concert magnifique mais pessimiste

Des chiffres qui donnent le vertige

Photo ci-dessus : Massive Attack © Paul Bourdrel

C’est dans un amphithéâtre bondé que le groupe britannique iconique, Massive Attack, formé en 1988 par Robert del Naja (dont on prétend qu’il serait le graffeur Banksy,) et qui mixe soul, hip hop, dub, électro. Avec Grant Marshall (Daddy G) Robert del Naja, invente un langage musical à part, hypnotique. À Lyon, Massive Attack donna un spectacle de Vjing de presque deux heures (vidéo et musique mixée en accord en temps réel avec des images vidéo projetées lors d’événements musicaux – le pionnier, le belge VJ Meat.) Le groupe qui collabore régulièrement avec divers artistes : Portishead, Beth Orton, Radiohead, Tricky, était sur scène avec leurs musiciens : deux batteries, guitares et basse. Horace Andy (Angel, Splitting The Atom, Man Next Door) et les chanteuses Elizabeth Fraser (Teardrop, Black Milk) et Shara Nelson (Unfinished Sympathy,) dont les voix superbes apaisent la dureté des images et le message très politique du groupe. On redécouvre avec eux les titres légendaires des années 90. Le public adhère tout de suite et avec une vraie ferveur.

Un poing levé contre les dictatures de tous bords

Le leader du groupe affiche ouvertement son soutien à la Palestine détruite par B.Netanyahou avec ses milliers de morts. Sur l’écran géant sont inscrites les exactions commises par les Israéliens à Gaza et au Liban. Calculés par l’intelligence artificielle s’alignent des chiffres qui donnent le tournis… Nombre de journalistes tués, nombre de morts à Gaza, tout ceci est dramatique.

 L’accent est mis aussi sur la corruption des présidents Trump, Poutine et du premier ministre Netanyahou qui se font huer par l’assistance. Les images démontrent comment Trump se sert des marchés pour s’enrichir lui et sa famille, il bombarde l’Iran et détraque les marchés boursiers à son profit… Les images montrent aussi comment la K Pop est née de manifestations violentes en Corée du sud. Tout cela est très instructif mais aussi glaçant.

Un show brillant, militant mais angoissant

Il est important que tous ces messages diffusés par le biais de la musique et de la performance scénique forcent le public à réfléchir et à s’interroger.  Car la question qui se pose à la fin de ce happening est : sommes-nous proches d’un monde sur sa fin ?  Un bémol toutefois, cette surcharge d’images détourne malheureusement fréquemment l’œil de la performance musicale des artistes sur scène. La musique semble légèrement délaissée au profit de l’image. Il est important de préciser aussi que le show comporte un passage vidéo avec moults effets stroboscopiques qui peuvent affecter certaines personnes présentes dans le public. Cependant, un très joli effet lumineux éclaire la foule présente, produisant un effet de vague très réussi, une sorte de Ola graphique, poétique et musicale. Le groupe a déjà dévoilé un album très surprenant, Boots on the ground, un opus pacifique avec la voix éraillée de Tom Waits et qui devrait connaître un beau succès.

Malgré le tonnerre d’applaudissements, le groupe ne fit pas de rappel et ne chanta pas son tube planétaire Karmacoma pourtant très attendu.

Christian CHARRAT

 Les nuits de Fourvière  – jusqu’au 25 juillet 2026 – Plus d’informations sur  nuitsdefourviere.com

 Photo ci-dessus : Robert Del Naja et Grant Marshall © Paul Bourdrel

Photo ci-dessus : Grant Marshall © Paul Bourdrel

 Photo ci-dessus : Robert Del Naja et musiciens © Paul Bourdrel

 Photo ci-dessus : Elizabeth Fraser © Paul Bourdrel