Sea, pop & sun -fondation carmignac

tout l'été à pourquerolles

Près de 80 œuvres exposées

Photo ci-dessus :Roy Lichtenstein, Crying Girl, 1964 – Porcelaine émaillée sur acier, 116,8 × 116,8 cm Collection Carmignac© Estate of Roy Lichtenstein New Y ork / ADAGP, Paris, 2026 – Photo : DR

On connaît tous « Sea, Sex & Sun », rengaine fredonnée par Serge Gainsbourg. La Fondation Carmignac (île de Porquerolles) en propose une variation artistique colorée, « Sea, Pop & Sun », avec cette exposition solaire organisée durant tout l’été, et même au-delà. 
La mer et le soleil sont présents puisque la villa est située au Sud parmi les pins, au large de Hyères. Le Pop Art fait surgir de ces paysages une sensualité et une intensité nouvelles. Près de 80 œuvres font dialoguer les figures majeures de ce courant des années 60/70 qui reflète énergie, détente et esprit rebelle ; tandis que des créations contemporaines prolongent cet héritage. Justement, sous le plafond d’eau de la villa, Théo Mercier a réalisé une sculpture monumentale, en sable, spécialement pour le lieu. Ses coquillages et motifs antiques côtoient des objets industriels, laissant cohabiter nature et industrie, beauté et déchets, passé et futur.
Sirène, érotisme et musique
Andy Warhol donne le ton avec une série de couchers de soleil (1972) en variations de jaune. Roy Lichtenstein livre son esthétique puissante au travers de ses compositions dont un « sunrise », « une fille qui pleure », ou plus inattendus, une maquette de sirène et des paysages réalisés sur du Rowlux, une matière aussi brillante qu’étonnante.
Evelyne Axell assume son érotisme avec un ice cream dégusté de façon très sensuelle. Nikki de Saint Phalle illustre sa féminité joyeuse avec une profusion de nanas gonflables collées au plafond. Le photographe Martin Parr se pose élégamment sur une plage de Nice.
On croise aussi le surfeur de Duane Hanson, l’acrobate de Jeff Koons, une piscine de David Hockney, les baigneuses de Martial Raysse, un sexe de Keith Haring, Tout en traversant des salles dans lesquelles sont diffusées des musiques qui rappellent l’époque, de « Lucy in the sky » à « California Dream ».
Parcours pieds-nus
Le public suit le parcours pieds-nus. « Ce qui permet d’instaurer un rapport plus sensoriel et apaisé aux œuvres, tout en créant une continuité entre l’architecture de la villa, les jardins et l’environnement naturel de Porquerolles » justifient les organisateurs.
Les deux co-commissaires, Anna Karina Hofbauer et Dieter Buchhart, historiens d’art espèrent que le public repartira « le sourire aux lèvres et la tête pleine d’images éclatantes d’échos, de chansons, de nouveaux savoirs, de pistes de réflexion à propos de l’esprit pop et son héritage ».
Un jardin et un fort
C’est réussi, d’autant qu’à l’extérieur, la visite est loin d’être terminée. Un jardin de 15 hectares met en valeur la végétation de l’île et la promenade est jalonnée de nombreuses œuvres monumentales qui résonnent avec le lieu, créées par des artistes tels que Jaume Piensa (les trois alchimistes) ou Ed Ruscha (Sea of desire).
Il faut ajouter à cette déambulation, la possibilité de rejoindre le fort Sainte-Agathe, situé à mi-chemin entre le village et la villa (ouverte en 2018 par Edouard Carmignac, entrepreneur, président d’une société de gestion). Erigé sous François 1er, il offre une vue à 360 degrés sur la baie. Sa coupole a été investie par l’artiste Julian Charrière qui invite à une plongée méditative dans les entrailles de la terre, comme cette expérience au son des volcans. Tout est donc réuni pour offrir aux visiteurs, selon le vœu des fondateurs Carmignac, « une expérience mémorable ».
Isabelle BRIONE
Sea Pop & Sun –  jusqu’au 1er novembre à la fondation Carmignac – île de Porquerolles (Var) – Ouvert tous les jours sauf le lundi. Plein tarif : 16 €. Restaurant et buvette – www.fondationcarmignac.com

 Photo ci-dessus : Evelyne Axell, L’ Appel, 1972 – Email sur plexiglas, formica et bois, cadre peint, 108,5 × 127 cm – Collection Philippe Axell © Evelyne Axell / ADAGP, Paris, 2026 – Photo : Paul Louis

Photo ci-dessus : Evelyne Axell, Ice Cream 1, 1964 -Huile sur toile, 80 × 70 cm – Collection privée, Belgique © Evelyne Axell / ADAGP, Paris, 2026 – Photo : Paul Louis

 Photo ci-dessus : Jeff Koons, Acrobat, 2003-2009 – Aluminium polychrome, acier galvanisé, bois, paille, 228,9 – Collection Carmignac © Jeff Koons – Photo : DR

 Photo ci-dessus : Duane Hanson, Surfer, 1987 – Polyvinyle, polychrome à l’huile et techniques mixtes avec accessoires,168 × 105 × 75 cm – Courtesy Nicola Erni Collection © Duane Hanson / ADAGP, Paris, 2026 – Photo : Retro Pedrini Photography