the gilded age - une splendide saga
L'ombre de proust plane sur la série
Toutes les photos : © HBO MAX 2026
Une saga flamboyante, très esthétique et réussie
Julian Fellowes, lauréat d’un Oscar et d’un Emmy et créateur de Downton Abbey, présente une série époustouflante qui explore le conflit entre l’ancien et le Nouveau Monde de l’argent au sein de la haute société New-Yorkaise à la fin du XIXe siècle, à une époque de bouleversements économiques, où les fortunes se font et se défont en un clin d’œil.
L’histoire
À la fin du XIXe siècle, à la suite du décès de son père, la jeune Mariam Brook est contrainte de quitter la Pennsylvanie pour s’installer avec ses deux tantes : l’acariâtre Agnes van Rhijn et la soumise Ada Brook. Elle découvre le gotha new-yorkais, avec ses codes, son étiquette et ses rivalités. Le jour de son arrivée, la très riche famille Russell aménage dans la maison d’en face, tentant elle aussi de se trouver une place dans un univers où le « vieux New York » fait office d’aristocratie.
Auréolé de l’énorme succès Downton Abbey, le scénariste Julian Fellowes, nous fait quitter l’Angleterre pour nous transporter avec The Gilded Age (L’âge d’Or) aux États-Unis avec les mêmes thèmes qui ont fait sa renommée mondiale, le quotidien et les secrets de deux familles, riches propriétaires, et de leurs domestiques. Le casting est impeccable et les acteurs sont formidables, les costumes sont réussis et les décors grandioses, nul doute que cette série a dû coûter une fortune à produire.
Les problèmes sociaux de l’époque
The Gilded Age ne fait pas que flatter notre côté voyeur, mais aborde aussi des sujets de société. Malgré son immense fortune, la famille Russel va-t-elle se faire accepter et adopter par la très fermée et ancienne haute société new yorkaise ? Elle est cataloguée avec son luxe extravagant de « nouveaux riches. » La mère est une femme dominatrice et manipulatrice, Bertha, animée d’une féroce ambition de faire partie, grâce à l’argent de son mari, de l’aristocratie de cette ville en plein essor, cela ne sera pas si facile…Il faut dire qu’ils ont en face d’eux les célèbres et anciennes familles Vanderbilt, Gould et surtout, la redoutable Mrs Astor qui fait la pluie et le beau temps à New York comme à Newport.
Au fil des saisons, sont abordés différents problèmes de société ; le racisme car la population noire sort à peine de l’esclavage mais le sud profond est toujours violent à l’encontre des noirs. La place des femmes de la bonne société qui était encore à la maison car il était inconcevable pour elles de travailler. La lutte des ouvriers qui travaillaient de 12 à 14h par jour dans les usines pour un salaire de misère, etc. L’homosexualité est aussi mentionnée car passible de prison. Tous ces éléments sont brillamment abordés sans hypocrisie dans le scénario. Les dialogues sont savoureux, piquants de méchanceté. Julian Fellowes de son vrai nom, baron de West Stafford, homme politique, écrivain, scénariste et producteur, doit être un inconditionnel du génial écrivain Oscar Wilde et de ses aphorismes.
Cette grande fresque fastueuse n’a d’autre but que de nous distraire et elle y parvient totalement. Il n’y a aucune violence, seuls les traits d’esprit et de langage le sont. C’est un réel plaisir à partager.
Christian CHARRAT
The Gilded Age – 5 saisons -HBO Max- hbomax.com